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LE DRESSAGE CLASSIQUE EXPLIQUÉ

Les Airs au-dessus du sol : la Levade et la Cabriole en dressage

Les mouvements les plus exigeants du dressage classique soulèvent entièrement le cheval du sol. Voici ce qu'impliquent la levade, la courbette et la capriole, et où elles perdurent.

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Ce que « s’élever au-dessus du sol » signifie

En dressage classique — parfois appelé haute école — les airs relevés désignent un petit groupe de mouvements avancés où le cheval quitte le sol sur ses postérieurs ou s’élève entièrement, en maintenant des positions exigeantes qui requièrent des années d’entraînement progressif en force. Ils se situent en dehors du dressage de compétition moderne ; on ne les verra ni lors d’une épreuve olympique de dressage, ni dans un cours ordinaire de club équestre. Leurs origines remontent généralement à l’entraînement de cavalerie et aux académies d’équitation, où la force et l’obéissance nécessaires à ces positions avaient une valeur pratique dans le combat monté et les manœuvres serrées sur les champs de bataille, il y a des siècles.

La levade

La levade est le mouvement fondateur du groupe : le cheval ramène ses antérieurs sous lui et équilibre tout son poids sur ses postérieurs profondément fléchis, maintenant son corps à un angle d’environ 45 degrés par rapport au sol pendant plusieurs secondes d’affilée. Pour le public, l’immobilité semble presque totale, mais c’est l’une des postures les plus exigeantes physiquement qu’un cheval puisse tenir — elle requiert une force exceptionnelle dans les hanches et une confiance absolue entre le cheval et son cavalier, car l’animal doit accepter de rester en équilibre au bord même du basculement en arrière, sans paniquer ni déplacer son poids.

La courbette

Depuis une position de levade, la courbette ajoute du mouvement : le cheval saute en avant plusieurs fois sur ses seuls postérieurs, les antérieurs repliés et maintenus hors du sol pendant toute la séquence, sans jamais reposer l’avant pour reprendre appui entre les bonds comme dans un cabrade ordinaire. On la décrit souvent comme un « saut » du cheval sans que ses antérieurs ne touchent jamais le sol, et elle démontre un niveau de puissance des postérieurs, d’équilibre et de contrôle musculaire soutenu qui exige des années d’entraînement progressif et rigoureusement dosé pour se construire en toute sécurité, sans blesser le dos ni les membres postérieurs du cheval en cours de route.

Le cabriole

La cabriole est la plus spectaculaire des airs relevés : le cheval s’élance pleinement dans les airs, ramène ses antérieurs vers sa poitrine au sommet du saut, puis détend vivement ses postérieurs avant de retomber carrément sur ses quatre pieds. Historiquement, elle est associée à la prétendue capacité du cheval à défendre son cavalier en frappant les assaillants au sol avec ses postérieurs — que cela ait été ou non une tactique de combat littérale et régulièrement employée, c’est l’histoire que la plupart des académies d’équitation classique racontent encore aujourd’hui pour expliquer la fonction militaire originelle du mouvement.

Là où ces mouvements sont encore exécutés

Seules quelques institutions dans le monde forment et exécutent ces mouvements, et chacune le fait à sa manière, façonnée par la race de chevaux avec laquelle elle travaille et par la tradition militaire ou courtisane dont elle est issue. L'École espagnole d'équitation de Vienne demeure le lieu le plus emblématique de ces mouvements, bâtie autour de Lipizzans élevés et entraînés spécifiquement pour le travail de haute école, tandis que le Cadre Noir de Saumur perpétue une tradition française parallèle. L'École royale andalouse de Jerez, elle, développe un répertoire différent : son programme public se concentre sur le dressage classique et la doma vaquera, le style du cheval de travail espagnol, plutôt que sur les airs relevés ; les visiteurs ne doivent donc pas s'attendre à y voir levade, courbette ou capriole.

AcadémieChevaux utilisésLà où cela s'intègre
École espagnole d'équitation, VienneLipizzanLa plus célèbre maison des airs au-dessus du sol, interprétée dans le cadre d’un programme classique officiel.
Cadre Noir, Saumur (France)Selle Français et autres races françaisesUne académie française d’origine militaire qui perpétue sa propre tradition d’équitation classique.
École royale andalouse, JerezPRE / AndalousieSon programme public est centré sur le dressage classique et la doma vaquera ; les airs relevés ne font pas partie du spectacle.

Pourquoi ils ont survécu en tant que spectacle, et non en tant que sport

Les airs au-dessus du sol ont disparu de l'équitation courante une fois que la cavalerie a cessé de se jouer à cheval, mais un petit nombre d'académies classiques ont continué à les enseigner, en tant qu'héritage vivant plutôt que de laisser cette compétence s'éteindre avec les chevaux qui la maîtrisaient autrefois. C'est pourquoi ils sont présentés aujourd'hui comme un art et une tradition plutôt que comme une compétition — aucun système de notation ne les récompense, et aucun sport équestre moderne n'exige réellement qu'un cheval les apprenne. Les voir exécutés, c'est en somme assister à un exercice d'entraînement militaire vieux de plusieurs siècles, préservé uniquement parce qu'une poignée d'institutions comme l'École Royale ont choisi de le maintenir en vie pour lui-même.

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